Le gouvernement va allouer 3 millions d’euros pour financer les possibilités de formation des femmes, a annoncé le ministre italien de l’égalité.

Cette mesure, appelée « bonus casalinghe » par la presse italienne, s’adresse en particulier aux femmes qui ne travaillent pas actuellement, selon Elena Bonetti, ministre de l’égalité des chances et de la famille.

« Beaucoup de femmes, trop nombreuses, sont encore en dehors du monde du travail et beaucoup l’ont quitté contre leur gré ces derniers mois », a-t-elle écrit sur Facebook. « Il est inacceptable qu’une femme se retrouve obligée de rester à la maison par manque de possibilités d’emploi. Il est inacceptable qu’elle n’ait pas accès aux possibilités d’obtenir des qualifications ou de se tenir à jour, dans un tourbillon sans fin. Au contraire, nous avons besoin d’un investissement structurel dans les possibilités de formation et l’autonomisation, ce qui signifie garantir aux femmes la liberté de choisir et les aider à accéder aux possibilités d’emploi ».

Un fonds dédié à cette initiative de relance

À cette fin, le nouveau plan de relance italien de 25 milliards d’euros comprendra un fonds destiné à financer des cours de formation pour les femmes, en particulier dans les secteurs financier et numérique, a-t-elle déclaré.

Quelque 3 millions d’euros ont été alloués à ce fonds, selon Mme Bonetti, ce qui, comme l’ont souligné de nombreux commentateurs, n’est pas beaucoup. La ministre a défendu ce montant en disant qu’il ne s’agissait que d’un début et qu’il compléterait d’autres programmes déjà en place, comme un fonds séparé pour la formation des femmes dans les domaines des STEM (sciences, mathématiques, ingénierie et technologie).

Il n’est pas encore clair comment les femmes peuvent postuler à cette opportunité, ni qui est exactement qualifié. Les détails seront précisés dans un autre décret prévu pour la fin de l’année 2020.

Une réponse face aux mutations sociales provoquées par la pandémie

En Italie, les parents qui travaillent jonglent avec le travail et la garde des enfants depuis près de six mois déjà, depuis la fermeture des écoles et des crèches en mars. Les femmes, qui représentent déjà un pourcentage plus faible de la population active en Italie que dans la plupart des autres pays développés et occupent moins de postes de direction, sont souvent celles qui assument la plupart des tâches supplémentaires.

Moins de la moitié des Italiennes en âge de travailler ont un emploi, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques, même si les femmes représentent plus de la moitié des Italiens qui obtiennent une licence ou un doctorat.

Les militants de l’égalité des chances réclament depuis longtemps des politiques visant à s’attaquer aux causes concrètes du problème, par exemple en rendant les services de garde d’enfants plus largement disponibles et plus abordables, ou en obligeant les deux parents à partager le congé parental.

En Italie, les mères ont droit à un congé de maternité payé de cinq mois maximum, tandis que les pères n’ont droit qu’à cinq jours (bien que les deux parents puissent partager jusqu’à 11 mois de congé parental à tout moment jusqu’à ce que leur enfant ait 8 ans).