Elisabeth Moreno, femme d’affaires dans le domaine des technologies, a surpris la France cette semaine en devenant la nouvelle ministre des droits de la femme. Moreno, novice en politique, est désormais également chargée de la diversité et de l’égalité des chances. Le seul membre noir du nouveau cabinet du président Emmanuel Macron veut que l’inclusion soit plus qu’un slogan.

Personne n’aurait pu prédire que Moreno serait un jour au gouvernement, et elle ne l’a pas fait non plus. « Je ne viens pas de ce monde », a-t-elle déclaré aux journalistes mardi, alors qu’elle prenait la relève de Marlène Schiappa.

Née au Cap-Vert dans une famille modeste, Moreno s’est installée en France à l’âge de six ans, et a déclaré qu’elle était « fière et encouragée » de servir la République française.

La jeune femme de 49 ans vivait encore en Afrique du Sud lorsqu’on lui a proposé son nouveau poste samedi et il ne lui a fallu que 10 minutes pour se décider.

La valeur des êtres humains

Ses pensées sont allées immédiatement à ses parents, tous deux immigrés en France. Son père travaillait comme ouvrier d’usine et sa mère comme femme de ménage. « Aucun des deux ne savait lire ou écrire », dit-elle, mais ils lui ont enseigné « la valeur du respect de l’être humain. »

Cette éducation a donné à Moreno les compétences nécessaires pour progresser dans de grandes entreprises telles que Dell, le groupe chinois Lenovo et plus récemment Hewlett-Packard en tant que PDG pour l’Afrique à Johannesburg.

Il est surprenant pour une femme qui, en 2019, a confié avoir « coché toutes les cases de l’impossibilité » après avoir grandi dans une propriété immobilière en banlieue parisienne.

Une ministre qui aime les défis

Moreno a dit qu’elle avait trouvé refuge dans l’éducation, et qu’elle avait ensuite obtenu une maîtrise en droit et un MBA pour cadres. Sa capacité à surmonter les barrières est l’une des caractéristiques qu’elle espère apporter à son nouveau rôle de ministre de l’égalité des sexes, de la diversité et de l’égalité des chances en remplacement de Schiappa.

Même les détracteurs du gouvernement Macron, tels que le Rassemblement national d’extrême droite, sont impressionnés.

Jean Messiha, député du parti de Marine Le Pen, a déclaré que même s’il ne partageait pas les vues de Moreno, elle était un « exemple vivant des opportunités que la France peut offrir à une femme de couleur… et la preuve que la République n’est pas raciste ».